ÉGYPTE, ŒIL DE RÉ

… ET DON DU NIL SELON HERODOTE

Le Nil

« Regard du soleil, terre aimée des dieux, elle est aussi la Noire (terre fertile et limoneuse) et la Rouge (terre aride du désert) »

Ce pays, unique au monde, évoque une fleur de lotus épanouie dont la partie supérieure ouverte (la Basse Egypte) correspond au Delta et la tige (la Haute Egypte) à la Vallée du Nil qui serpente du Caire à Assouan sur environ 900 km.

Et ce pays, nous avons eu dans les années 80 la chance de le parcourir en croisière évidemment sur le Nil en compagnie de deux de nos cousins. Nous nous sommes réjouis de l’avoir fait puisque, ensuite, il devint de plus en plus difficile d’y voyager en raison des attentats perpétrés à l’encontre des touristes.

Un peu d’histoire…

Son histoire commence vers 3000 ans avant JC avec N’armer qui sera le premier à réunir ses deux parties mais c’est Oudimou, son successeur qui portera la double couronne – le pschent – symbole de cette réunification.

Avec Djeser commence l’Ancien Empire (IIIe Dynastie. Il installe sa capitale à Memphis et la nécropole à Saqqara. Imhotep construira la pyramide à degrés : c’est le début de la toute puissance du pharaon, le temps des pyramides de Kheops, Khefren et Mykerinos sur le plateau de Guiseh

Sous la Ve dynastie, Héliopolis devient capitale religieuse et sous Ounas apparaissent les premiers textes des pyramides. Cependant c’est sous le règne de Pepi II (le plus long de l’histoire : 94 ans) que commence la décadence de l’Ancien régime

Après une première période intermédiaire (VIIe à Xe dyn.) Montouhotep reprend le titre de roi de Haute et Basse Égypte et Thèbes devient la capitale religieuse.

Sous le Moyen Empire (XIet XII dyn.) – 2065 avant JC, un nouveau dieu est donné au pays : Amon est installé à Karnak. C’est l’époque des grands pharaons (Sesostris).

Après une seconde période intermédiaire marquée par l’invasion des Hyksos (envahisseurs venant d’Asie), Ahmosis qui les a chassés entame la période du Nouvel Empire (1580 avant JC).

Thèbes devient capitale du pays et Amon est assimilé à . Les Thoutmosides et les Amenophis vont donner son âge d’or à l’Egypte. Les temples de Karnak se développent, Amenophis Ier fait ériger sa tombe dans la Vallée des Rois (on abandonne les pyramides), Hatchepsout, « Grande Dame du Nil » fait construire à Deir-el-Bahari le « Sublime des Sublimes ». Thoutmosis, son successeur, le « Napoléon égyptien », est le plus grand pharaon conquérant, Amenophis III, se distingue en épousant une roturière d’origine étrangère, la reine Tiyl. Son fils, Amenophis IV, rejette Amon ainsi que les prêtres et autres dieux, pour n’adorer qu’un dieu unique : Aton. Devenu Akhenaton, il quitte Thèbes avec la sublime Nefertiti pour Armana. Mais son aventure est brève : mystique et pacifiste, il ignore les menaces étrangères et ce n’est pas le jeune Toutankhamon, jouet entre les mains des grands prêtres, qui rétablira la suprématie de l’Egypte. A sa mort prématurée, une famille de militaires, les Ramessides, prendra le pouvoir. Sethi Ier et Ramsès II marquent l’apogée de cette dynastie (XXe) comment en témoignent la salle hypostyle de Karnak, les temples d’Abydos et Abou Simbel. Mais ces pharaons, trop occupés par leurs campagnes militaires, sont peu à peu évincés par le clergé d’Amon et quand Herihor, le Grand Prêtre , monte sur le trône (env. 1000 avant JC) sonne le déclin de l’Empire Pharaonique..

Memphis

Le sphinx d’albâtre

Une palmeraie à quelque trente kilomètres au sud du Caire, quelques débris de pierres antiques , un sphinx en albâtre au sourire énigmatique, un colosse couché de Ramsès II, prisonnier d’un bâtiment moderne : voilà tout ce qui reste de la toute puissante Memphis, première capitale de l’Egypte. Son nom vient de Men-Nefer, « la perfection est stable » et elle fut fondée par le pharaon qui unifia les deux pays (voir plus haut)

La statue colossale de Ramsès en calcaire cristallin, découvert en 1820
(13 mètres)

Saqqarah, le temple de l’âme

Deux hommes d’exception sont à l’origine de Saqqarah : Djeser et son Maître d’Oeuvre, Premier ministre, médecin, magicien, Imhotep. Construire une pyramide répondait pour les anciens égyptiens à une certaine architecture que l’âme peut gravir : la terre devait être élevée vers le ciel et le ciel présent sur la terre, la pyramide étant le symbole parfait entre les mondes.

Sous cette pyramide reposent le pharaon et sa famille mais cette partie souterraine est malheureusement inaccessible aux simples visiteurs.

La pyramide à degrès

GUISEH ou le royaume des pyramides

Les trois pyramides de Guiseh sot l’une des sept merveilles du monde mais ce site tout admirable qu’il soit est aujourd’hui en partie défiguré par un mercantilisme pénible.

Les pyramides de Guiseh

Guiseh est le royaume des pyramides dont Khéops « la région de lumière », Khephren : « Grandeur » et Mykerynos : « la divine » (respectivement 146, 144 et 65 m de haut. Elles sont les plus connues.

Comme les humains, avec l’âge elles rapetissent : Khéops ne fait plus que 137 m, sa masse de pierres est de plus de 2 millions 500 mille m2, sa superficie de 4 ha, ses quatre faces orientées vers les points cardinaux. Son revêtement de calcaire a été entière pillé par les arabes.

Khephren n’atteint plus que 136, 40 mètres. Tout aussi colossale que Khéops, elle a conservé à son sommet une partie de son revêtement. Mykerynos, bien que plus petite (65 m), est celle où l’on a utilisé les plus gros blocs. Elle a gardé une partie de son revêtement de calcaire, encore intact au XVIe siècle.

Entrée de la pyramide de Khéops : à l’intérieur, un chemin initiatique qu’il faut néanmoins déconseiller aux claustrophobes mais que j’ai emprunté.

Karnak, le Temple des Temples

«Aucun peuple ancien ni moderne n’a conçu l’art de l’architecture sur une échelle aussi grandiose que ne le firent les vieux Égyptiens » (Champollion, nov. 1828)

Superficie de Karnak

… le Temple des Temples, n’est pas à l’échelle humaine. Ses ruines couvrent plus de cent hectares. C’est le temple privilégié d’Amon « le Caché », si mystérieux que nul ne connaît sa véritable forme. Incarné dans le corps d’un homme coiffé d’une haute couronne à deux grandes plumes, c’est le maître de l’air vivifiant qui donne vie aux êtres ; deux animaux sacrés lui servent de réceptacle : le bélier, symbole de la puissance vitale, et l’oie du Nil, qui poussa le premier cri du commencement du monde et pondit un œuf d’où sortit le cosmos.

C’est surtout sous la XVIIIe dynastie, au Nouvel Empire, que furent données à Karnak ses proportions gigantesques.

Thoutmosis Ier inaugure l’ensemble monumental en érigeant deux pylônes et deux obélisques, Hatchepsout organise une campagne de grands travaux, et Thoutmosis III va encore plus loin avec sa « salle des fêtes » qu’est la Salle Hypostyle.

L’Allée des Sphinx est créée (architecte Amenhotep, fils de Hapou) par Amenophis III ainsi que des colonnes, un pylône. Akhenaton, pour sa part, fit bâtir plusieurs édifices qui seront démontés, mais non détruits. Quant à Séthi Ier et Ramsès II, à la XXe dynastie, ils édifièrent la fameuse Salle Hypostyle

LOUXOR ou la fête divinisée

Plan de Louxor

C’est à Amenophis III et à son illustre maître d’œuvre, Amenhotep fils de Hapou, que l’on doit la conception de Louxor, où Ramsès II fit d’importantes adjonctions. Trois pharaons œuvrèrent.à Louxor : Akhenaton, Toutânkhamon et Alexandre le Grand? On disait que le sol du temple, paré d’argent, était posé sur un lit d’encens ; par sa beauté et sa pureté de lignes, il fut l’objet d’un des plus grands soins jusqu’à la fin de la civilisation pharaonique. Au début du IVe siècle après JC, il fut transformé par les Romains en temple du culte impérial avant de servir d’église chrétienne.

DEIR EL BAHARI, le sourire de la reine Hatchepsout

Le « sublime des Sublimes » est le chef d’œuvre de la plus célèbre des souveraines – Hatchepsout (XVIIIe dyn.) – et de son maître d’œuvre, Sehmout. Deir el Bahari se trouve sur la rive occidentale du Nil, face à Karnak, dans le grand emphithéâtre naturel d’une falaise.

Les terrasses successives (ci-dessous) qui caractérisent l’édifice sont reliées entre elles par une rampe, ligne ascendante qui renforce la verticalité de la falaise.

Portique des obélisques : narration de l’exploit des artisans de la reine qui partirent de Thèbes vers Assouan pour extraire des carrières de granit rose des monolithes capables de devenir des obélisques
entrée du sanctuaire d’Hathor

La reine y justifie la fonction divine de Pharaon : d’être humain et divin à la fois. Hatchepsout raconte là sa conception et sa naissance : le dieu Hamon se glisse dans le corps du Pharaon Amenophis Ier, qui entre dans la chambre nuptiale. La reine est enivrée par l’odeur de son époux : l’amour parcourt leur être et l’union charnelle est consommée. La reine Ahmès est enceinte. Les dieux vont l’aider à accoucher selon les rites. L’âme de l’enfant, une fille, la future Hatchepsout, est modelée par le potier divin. On lui donne un nom sacré : Maât-ka-Rê : « l’harmonie universelle est l’énergie de la lumière divine ». La future reine est un pharaon prédestiné, donc de sexe masculin, à qui le potier crée deux corps, l’un mortel et temporel, l’autre immortel et intemporel (le ka)

Statue d’Hatchepsout au-dessus du Portique de Pount

Petit temple d’Anubis dans la salle à colonnes : merveilleux reliefs, aux couleurs très fraîches. La rigueur d’Anubis, dieu au visage noir, est atténuée par cette luxuriance aux tons doux et reposants. (Cliché ci-dessous)

LES VALLÉES

VALLÉE DES REINES : nous étions en pleine rénovation de la vallée des reines. J’imagine que cela a bien dû changer depuis. Le tombeau de la Reine Nefertiti (l’épouse de Ramsès II) avait été déjà refermé pour l’éternité après restauration.#

Mastabas (tombeaux) de la vallée des Reines ci-dessous

Tombeau d’un prince : Amon-her-Khopechef, fils de Ramsès III, célèbre pour ses couleurs solaires. Démonstration est faite de l’éclairage des sépultures par un jeu de miroirs. Dans cette tombe, un extraordinaire fœtus de six mois.

Vallée des Rois : curieux rocher évoquant à mon sens un sphinx à tête de bélier (mais j’ai peut-être beaucoup d’imagination !!!

Curieux rocher évoquant pour moi un sphinx à tête de bélier

COLOSSES DE MEMNON

(Seuls vestiges du temple funéraire d’Amenophis III, construit par Amenhotep, fils de Hapou)

En 27 avant JC, un tremblement de terre donna une célébrité très particulière aux colosses : sous le choc, l’un d’eux subit d’importants dégâts. Fractures et brisures firent « travailler » la pierre, créant un curieux phénomène : le colosse semblait émettre des sons, un chant, au lever du soleil : nul doute, les pierres chantaient. Memnon, héros grec mort sur les champs de bataille troyens, était réapparu sous forme d’une statue, émettant à chaque naissance du jour une plainte déchirante. Sa mère, l’aurore aux doigts de rose, pleurait à cet appel, créant la rosée qui rendait vie à son fils mort. Le miracle des colosses chanteurs devint célèbre dans tout le monde antique. On faisait le voyage pour entendre la merveilleuse musique des statues qui, certains matins, se taisaient. C’est un Romain, Septime Sévère, qui, en 199 après JC, commit l’irréparable… en restaurant les statues. Le chant miraculeux avait cessé !

Paysages de la vallée du Nil qui semblent intemporels et n’avoir guère changé depuis l’Antiquité.

ESNA, ou les secrets de la création

Lorsqu’on arrive à Esna par le Nil, on pénètre dans les rue d’un gros bourg arabe et on se demande où on va aboutir. Pas de masse de pierres en vue, pas de temple à l’horizon : et soudain, au coeur de la ville, à 9 mètres au-dessous du niveau de la rue, une grande salle à colonnes (33x 16,5 m), seule partie subsistante du temple

Cette étrange salle à colonnes est tout ce qui a été préservé d’un temple ptolémaïque et fut transformée en église avant que les arabes ne l’habitassent pour finalement l’utiliser en entrepôt pour le coton. C’est ainsi que Champollion le découvrit en 1828.

Dans la salle à colonnes de ce temple dédié à Khnoum, le bélier créateur et divin potier, construite sous Claude (41-54) sont évoqués des mystères essentiels de la religion égyptienne. Ces textes ont pour fonction de révéler les mystères de la création du monde. Les textes de ces colonnes ont pour fonction de révéler les mystères de la création du monde. S’il est de bon ton de dénigrer la gravure de la salle jugée lourde et malhabile, on peut toutefois apprécier ses chapiteaux tous différents.

Gravure ptoléméïque jugée par les Égyptiens modernes de décadente (traits moins précis que sous le Moyen Empire : détail des doigts refermés, ventre arrondi, genou arrondi et lourd)

EDFOU ou la toute puissance d’Horus

Par son prodigieux état de conservation dû à un désensablement tardif (1860 par Mariette), Edfou est le temple par excellence. Temple parfait, temple symbole dans toute sa pureté, il nous mène de la lumière du monde extérieur au secret du Saint des Saints à travers une succession de salles.

Pratiquement intact, il ne lui manque que deux obélisques précédant l’entrée et les grands mâts à banderoles ornant la façade, Edfou est le plus grand temple d’Egypte après Karnak (137 m de long sur 80 de large). Commencé en 237 avant JC, soit deux siècles pendant lesquels Edfou fut le plus grand chantier d’Egypte. Son inauguration donne lieu à l’une des plus formidables fêtes jamais célébrées.

Le temple vu de 3/4 du haut d’un monticule de pierres

Façade du temple : scènes de la victoire sur ses ennemis, il les abat devant Horus

Extraordinaire faucon Horus (l’un des plus imposants jamais sculptés…).

coiffé de la double couronne, vigilant, presque menaçant.

Au fond : le Saint des saints, entouré d’un couloir sur lequel s’ouvrent des chapelles.

Le Saint des saints avec à l’intérieur un autel, sur lequel on posait la barque du dieu, précédant un naos d’une beauté à couper le souffle. La pierre en est étrange : on dirait qu’une lumière s’en dégage.

La « chapelle de Mesen » contenait autrefois la barque solaire dont on a fait aujourd’hui une reproduction.

Relation d’un épisode du mythe d’Horus : Horus dispute à son oncle la fonction royale qu’Osiris avait le premier exercée sur terre, en harponnant l’hippopotame dont Seth avait revêtu l’apparence.

KOM OMBO ou l’alliance du faucon et du crocodile

Ce temple de l’époque ptolémaïque est un site unique en Égypte. Situé sur la rive droite du Nil à 50 km au nord d’Assouan, c’est un édifice aux pierres dorées par le soleil. Ce temple-acropole était le lieu sacré de la très antique cité d’Ombos (ou Noubit en égyptien), laïcité de l’or dont le maître était le très redoutable dieu Seth. Grâce, lui aussi, à un désensablement récent §1893), la qualité de la pierre est toute particulière.

Il s’agit d’un temple dédié à deux dieux : Horus le faucon et Sobek le crocodile (Sobek était assimilé à Seth). Ainsi le faucon, qui règne sur la moitié nord du temple, est obligé de s’entendre avec le crocodile, maître de la moitié sud. Temple double, consacré à la dualité faucon/crocodile, il possède deux entrées, deux couloirs mystérieux entourant le naps.

Relief unique en son genre : trousse chirurgicale de 18 instruments parmi lesquels on reconnaît des pinces, des crochets, des ciseaux, des curettes.

PHILAE, le sanctuaire d’Isis la magicienne

Je reconstituerai le corps d’Osiris, je l’embaumerai. « Mes ailes se mettront à battre au-dessus de lui… Il me fécondera et je donnerai Horus au monde »

Philae est un lieu profondément nostalgique et émouvant : c’est à cet endroit en effet que fut gravé, en 437 après JC, le dernier texte hiéroglyphique, et que les derniers prêtres égyptiens pratiquèrent leurs ultimes mystères, tant d’années après que le christianisme eut commencé à se répandre.

L’île de Philae comprend un ensemble d’édifices dont le grand temple est le plus important.

Un grand parvis précède le pylône : deux hauts massifs encadrent une porte plus petite. Sur la façade des divinités debout, de très grande taille, d’autres assises sur le trône
Véritable emplacement de Philae jusqu’en 1974, date à laquelle commença le démontage pierre par pierre des édifices

Avec la construction ci-dessous du premier barrage d’Assouan commencèrent les malheurs de Philae qui, désormais, avait, plusieurs mois par an, la quasi-totalité de ses monuments sous l’eau. La construction du second barrage en 1960 allait signer son arrêt de mort. Cette fois la communauté internationale s’émut et décida de déplacer le temple sur l’île Agilkia toute proche et hors d’eau l’année durant. Le 10 mars 198O renaissait le temple : 22 états y avaient collaboré, 45 000 blocs déplacés, Agilkia était remodelée pour ressembler à Philae.

Au sud de l’île le pavillon de Nectanebo Ier

A l’ouest, la Porte d’Hadrien : ici fut représentée, de manière symbolique la source même du Nil.

A l’ouest, la Porte d’Hadrien : ici, fut représentée, de manière purement symbolique la source même du Nil
À l’est, le kiosque de Trajan aux lignes si pures, qui servait de reposoir pour la barque d’Isis lors des processions

ABOU-SIMBEL : l’amour et la guerre

Située 280 km d’Assouan, deux temples qui ne se signalent, au premier abord, que par une façade spectaculaire de quatre colosses royaux pour le « Grand Temple », où sont tracées les guerres victorieuses de Ramsès II, six pour le « Petit Temple » où fut gravée l’expression de l’amour divin dont témoigne la grande épouse royale Nefertiti. Ces colosses veilles sur le site tels des gardiens de pierre au sourire immuable.

Abou-Simbel est « la frontière des frontières ». Ramsès a marqué ici les limites de l’expansion pharaonique vers l’Afrique. C’est la Nubie qui, en 1960, va vivre un drame dont le monde entier s’émeut : le gouvernement égyptien va construire un grand barrage dont la mise en eau va faire disparaître toute une contrée du globe où des hommes ont édifié une culture originale. Pour sauver la Nubie, l’Unesco va être le fer de lance d’une campagne de mobilisation pour conserver ce patrimoine et déplacer un maximum de temples, faire des relevés et entreprendre une campagne de fouilles d’autant plus intense qu’elle sera la dernière. Ainsi échappent à la destruction plusieurs sites dont Abou-Simbel : un démontage pierre par pierre (1056 blocs dont certains atteignent le poids de trente tonnes). Ce travail (1963/72), a occupé jusqu’à 900 personnes pour remonter les deux temples 200 m à l’ouest et 64 m au-dessus du site primitif. Pour parvenir à éviter la trahison que constitue un tel changement par rapport à l’emplacement choisi par les Égyptiens, on tenta de conserver l’allure antique. Pour y parvenir on bâtit un trompe-l’œil, à savoir une fausse montagne contre laquelle s’adossent les temples. A l’intérieur des voûtes de béton font penser à une machinerie qu’il faut oublier pour ne penser qu’aux vraies pierres.

Lorsque Abou-Simbel était érigé sur son véritable site, le soleil levant, deux fois l’an, traversait le temple pour illuminer le Saint des saints. Seul, Ptah demeurait dans l’ombre parce qu’il était le dieu du Verbe et des secrets de. La création.

Avant de passer au Caire et son musée, ci-dessous j’ajoute l’itinéraire qui a été le nôtre pendant ces huit jours inoubliables.

Pour terminer cette relation d’un voyage inoubliable et même si les clichés présentés ne sont pas de très bonne qualité, je vais ajouter une galerie de photos prises au Musée du Caire où nous avons séjourné trois jours avant d’entamer notre périple sur l’eau.

J’ajouterai toutefois que nous avons eu l’incroyable chance de voyager sur un bateau style début du siècle dernier tout neuf et, surtout, nous n’étions que 42 passagers pour une vingtaine de membres d’équipage. C’est dire que nous étions libres de partir à l’heure que l’on voulait et ainsi arriver sur les lieux de visite bien avant les gros bateaux de croisière. Ce qui explique la raison pour laquelle il y a peu de touristes sur les photos que j’ai prises.

Il est à noter qu’au milieu des années 80 le musée du Caire était de ce que je me rappelle un fouillis d’objets peu éclairés et rangés de manière informe. Je crois que cela a bien changé depuis.