L’ÎLE DES LÉPREUX, L’ÎLE DES OUBLIÉS

L’entrée de Spinalonga

Lors d’une croisière, au détour d’une escale, nous nous sommes arrêtés à Spinalonga, autrement appelée jadis l’Île des Lépreux. Il s’agit d’un îlot forteresse situé face à la ville d’Elounda, dans le district régional du Lassithi.

Une antique forteresse avait été érigée pour protéger Olous (Elounda), alors l’une des villes principales de Crète entre 3000 et 900 ans avant JC.

Sur les ruines antiques, les Vénitiens ont construit en 1579 une puissante forteresse destinée à protéger le port d’Elounda. De hauts murs et deux bastions circulaires, sur le dessus de la colline, permettaient à l’artillerie de commander l’entrée du port.

Ce monument, dont il subsiste de nos jours d’impressionnants vestiges, était l’une des places fortes les plus importantes et les mieux défendues de la Crète et fut l’une des seules de toute celle-ci à ne pas tomber aux mains des Turcs, lors de leur conquête en 1669 après le siège de Candie.

Tout au long du XVIIe siècle, la forteresse est restée vénitienne et demeurée un refuge pour les Chrétiens se sauvant des Turcs. Après avoir résisté près d’un demi-siècle à la suprématie turque les Vénitiens durent céder la place aux Turcs en 1715 pour en être chassés à leur tour au début du XXe siècle par les Crétois.

Spinalonga a alors servi de lieu d’enfermement des lépreux de 1904 à 1957, après que ceux-ci aient vécu dans des quartiers misérables en dehors des villes crétoises. c’est le 9 juillet 1901 que le Parlement crétois adopte la loi 375 qui prévoit l’arrestation de tous les lépreux de Crète et leur déportation vers Spinalonga. Ce faisant les 1200 habitants Turco-crétois qui y séjournaient furent expulsés, le gouvernement crétois ne voyant pas d’un bon œil cette concentration ottomane dans l’enclave.

L’enfermement des lépreux est vu essentiellement comme une mesure sanitaire pour protéger les gens sains. En l’absence de traitement, le mode de transmission est encore inconnu et la maladie de ce fait est considérée à tort comme très contagieuse.

Pendant plus de cinquante ans il y eut de 300 à 500 personnes enfermées, privées de citoyenneté et rayées des registres de naissance.

Il n’y eut pas pour autant de léproserie à l’époque car les lépreux ne bénéficiaient d’aucun soin digne de ce nom. De même la situation sanitaire y était dramatique et ils ne disposaient même pas de l’eau potable.

Malgré cet abandon, les habitants s’organisent en créant une vie de village avec notamment école, boulangerie, cafés, barbiers etc… Confortés par ces aménagements ils exigent de l’administration aménagements sanitaires et soins médicaux. Mais ce sont surtout les fondations privées qui furent sollicitées davantage que l’administration grecque peu encline à les satisfaire. Il faudra des scandales pour qu’enfin les autorités grecques se préoccupent de leurs lépreux.

En avril 1957, l’île cesse de fonctionner comme léproserie nationale et les malades seront peu à peu transférés vers Athènes

Néanmoins, le dernier habitant de l’Île des Lépreux, un pope, y aurait vécu jusqu’en 1962.

(Sources Wikipedia)

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